Je demenage
Je demenage ce que j'ai ecrit sur mon vrai site Brins d'ailleurs (http://www.brindailleurs.tk) et vous pourrez lire mes pt'tites inventions plumiques a l'adresse suivante: http://giula.fraboulet.free.fr/brindencr
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Je criai, je hurlai dans l'immensité de la plaine. Non, je ne pleurais
pas, l'humidité, ça suffisait comme ça. L'histoire me poursuit, et se
répète. Parfois je voudrais disparaître. Je m'assis sur un rocher, et
le soleil de ses doux rayons vint me consoler. Mon ruisseau intérieur
n'envahit pas mon visage, et enfin je pus apprécier ce début de
journée. L'iode, la mer, le vent et la terre, m'enveloppèrent. Je me
sentais toujours aussi seule, éphémère, un souffle d'air sans repère.
Mais il faisait tiède, et je reprenais pied. Une Adèle qui a perdu ses
ailes, c'est aussi désespérant que le regard d'un merlan.
"Adèle, écoute-moi belle Adèle!
- Quoi, que veux-tu, et où es-tu?
- Belle Adèle, je suis Mouche, et j'ai fait un voyage immense pour te retrouver.
- Pour une mouche, tu ressembles étrangement à une abeille!
- Je suis une abeille, mais je m'appelle Mouche, car je préfère les détritus au miel.
- Tu as dit "me retrouver". On se connaît?
- Non non, pas tout à fait, en fait, nous sommes toutes les deux nées
le 7 Mai. La même année, le même jour, à la même heure, et au même
endroit.
Je crus que j'allais exploser de joie. Elle savait donc où je suis née?
- Je sais ce que tu penses, mais moi non plus, je ne sais d'où je viens.
A rêver. De noires tourterelles. De retours enflammés. Une bourrasque qui m'emporte, loin de la Chapelle, je me retrouve ébouillantée par la pluie brûlante entonnerrée. Puis soudain pas de bruit. Le silence en pommade ça fait cicatriser les brûlures intérieures. Guérie, je suis bien plus triste, et des Vérisonges se pressent autour de moi me racontant chacun leur version du déluge, mes idées s'éparpillent et je ne sais plus quoi penser. Alors une nouvelle bourrasaque arrive, transformant les Vérisonges en escargots volants, et me balayant pour m'envoyer rouler sous un rayon de lumière. Ca me pique les yeux, des petites fourmis me soulèvent les paupières, et me voici toute abasourdie, au milieu de la prairie, cherchant des yeux la Chapelle.
Voyant ma détresse, l'escargot n'eut plus le coeur de continuer la plaisanterie, et reprit son apparence de colibri. Il se mit à voleter autour de moi, et ne dit plus un mot, car il avait aussi perdu la faculté de parler par la même occasion, puis s'en alla. Je me sentis tout d'un coup très seule. L'air était gris, il attendait la pluie, et moi je m'étais assez mouillée pour la journée. Je courai vers la chapelle, la petite amie du chapeau qui se prenait pour un dromadaire. Elle voulut bien nous abriter, et ensemble nous avons compté les gouttes car nous venions de rater l'heure des moutons. Les moutons sont très ponctuels, et une fois de plus j'étais revenue trop tard de la falaise. Heureusement que ce soir il pleuvait, car certaines nuits, il n'y a rien à compter pas même les étoiles, et alors le regard se perd dans l'obscurité, et tous les souvenirs reviennent. La chapelle se mit à ronfler et moi à rêver.
J'ai senti mes yeux me piquer, mes joues s'empourprer et mon coeur
s'accélérer. Depuis quand les Adèle volent-elles ou depuis quand les
Adèle ne volent-elles plus?
Je n'ai pas pu retenir mes larmes, elles tombaient, tombaient,
tombaient comme si d'un coup l'humidité de l'air s'était donné
rendez-vous sous mes paupières.
A mes pieds le sel de mes yeux a desséché les pâquerettes, elles ont
brûlé lentement sans que personne ne puisse rien faire. Plus mes larmes
coulaient, plus la terre se creusait, plus mes larmes coulaient. Elles
formaient un filet d'eau qui se transforma bientôt en petit ruisseau.
Le ruisseau, instinctivement, serpentait vers le bord de la falaise à
la rencontre de l'Atlantique. Une partie de moi enfin rejoignait
l'immensité, je me sentis comme apaisée.
J'ai gratté la terre avec mes ongles de pieds, je ne savais plus quoi
faire. Je n'avais rien prévu d'autre pour la journée, et le vent était
déjà reparti vers d'autres contrées. C'est alors que j'ai vu arriver un
drôle d escargot, très gros, aussi grand que moi, mais il faisait l air
de rien, comme si sa taille était tout à fait naturelle. J'ai pensé
alors, je m'en souviens très bien, qu'il faisait ça pour se moquer de
moi et raconter à tout le monde que je voyais des choses qui n'existent
pas.
"Ca ne marche pas avec moi, gastéropode à la noix, je sais très bien
que ça n' est pas ta taille réelle. N'essaie pas de m'entourlouper.
Qu'est-ce que tu me veux?
- T'entourlouper? Que me chante-tu là? Je bavais par là, et je t'ai vue
te lancer dans le vide, caresser les vagues puis t'envoler vers la
falaise. Depuis quand les Adèle volent-elles??
L'océan. J'ai un jour plongé dans l'océan comme une mouette. Pas
pour attraper des poissons dorés par l'écume, non. J'ai plongé dans
l'océan du haut d'une falaise, je me suis dit comme ça je saurai qui je
suis, je saurai d'où je viens. Mais le vent m'a dit non. Non, non.
Adèle, tu n'as pas le droit, le secret de tes ailes n'est pas au fond
de l'océan, il est autour de toi, dans le mouvement des fleurs et les
pleurs des nuages, dans le frôlement des fourmis sur l'herbe des
landes, mais pas au fond de l'océan.
J'avais déjà saute, il m'a soulevée a l'instant ou mes doigts
effleuraient la vague. Un instant l'air était autour de moi comme un
bras réconfortant, j'ai cru que je volais, j'ai cru que le fond de
l'océan ressemblait au bleu du ciel, mais non, le bleu de l'ocean est
mouillé, le bleu du ciel est ondée.
Les deux pieds a nouveau sur la tourbe, j'ai embrassé le vent et il a frissonné.
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